Le denti c’est quoi ?
Cette année encore, je ne peux pas m’empêcher durant les exercices ou les plongées explo avec mes compagnons de plongée, de tomber en admiration devant l’un des poissons que je trouve le plus intéressant à mes yeux : le denti. Certains l’affubleront du nom de dentex dentex mais cela ne vous aidera pas plus à connaître son comportement qui est assez peu décrit à ma connaissance.

Sur les Iles Medes, nous avons la chance de pouvoir en cotoyer un certains nombres alors qu’ailleurs il s’agit plus généralement d’individus isolés.
Il peut se déplacer en petits groupes d’une demi douzaine d’individus, mais parfois leur nombre peut atteindre la trentaine ou la cinquantaine d’individus, ce banc peut alors comporter des individus d’autres espèces tels que des loups ou bars en particulier.
Poisson puissant, il a une gueule aux lèvres épaisses très blanches, un front incliné vers l’arrière avec une pente régulière, des yeux noirs surlignés parfois d’une teinte plus sombre, comme s’il avait les sourcils froncés.
La forme de son corps, hormis la tête, est celle d’un rectangle, contrairement à la daurade royale qui a une forme de poire. Son corps est globalement gris avec des reflets bleutés sur les flancs en partie haute de part et d’autre de la vessie natatoire. Ses nageoires pectorales sont grandes et légèrement en forme de faucille.
Il est de la même famille que le sar, le pagre que l’on peut confondre avec lui pour celui qui le connait assez mal, la daurade avec lequel le débutant peut le confondre.
Sa nageoire caudale est blanche et présente une forme en V assez ouverte qu’il peut agiter assez nerveusement quand il est dérangé.
Comment se nourrit-il ?
C’est ici que tout devient très intéressant. Grâce au recycleur, je peux l’approcher et me faire oublier de lui et découvrir ses techniques de chasse. Il a en effet différentes techniques de chasse.
Seul
Quand il est solitaire vis à vis de ses congénaires, il arrive fréquemment qu’il se mêle à un groupe de sars qui qui se nourrissent en se déplaçant. Il se mélange au groupe et se déplace comme eux, mais généralement sur les bords du groupe, soit sur le dessus, devant ou sur le côté.
Il est très clair qu’il cherche à passer inaperçu des poissons qui sont autour en donnant l’impression d’aller se nourrir sur le fond, mais il cherche à prendre un animal inattentif par surprise. Sa puissance de déplacement lui permet de gagner bon nombre de proies de vitesse sur une faible distance. Seule son apparente nervosité le fait se distinguer des autres par un déplacement plus puissant.


Groupe de taille moyenne
La technique de chasse de ce prédateur dans ce cas est plus sournoise. Le groupe se sépare en distance et en profondeur. Certains individus se mettent face au courant en surface ou du moins un peu loin du fond, tandis que d’autres restent au fond et remontent le courant. Les individus sont assez éloignés les uns des autres en distance pour laisser croire qu’il ne s’agit que d’individus isolés. Une fois les prédateurs en place, il n’y a plus qu’à donner un signal pour lancer les hostilités. Le banc cible est alors attaqué de tous les fronts, cherche à s’enfuir et se retrouve bloqué par d’autres individus invisibles jusqu’alors. C’est l’attaque la plus fréquente et la plus souvent visible sur les îles Medes en général.

En grand groupe
Ici cela devient très intéressant à voir mais un peu plus difficile à expliquer.
Le groupe se déplace en formation rapide avec des intervalles entre les bêtes de 2 à 3 mètres. Leur déplacement est rapide en ligne droite, donc difficile à suivre à la palme !! Puis brusquement leur direction change, avec une accélération dans le déplacement, l’agitation dans l’eau dans ces moments là est très particulière. Les castagnoles filent dans tous les sens, les anthias cherchent à se cacher dans les trous, mais l’escadron est si rapide que les proies ne peuvent rien. C’est une impressionnante technique de chasse qui en plus est amplifiée par le nombre d’individus. Le nageur puissant révèle dans ces moments là son côté féroce.
C’est magique comme moment.
En inspiration dans un grand groupe
J’ai eu la chance cet été en particulier sur une plongée de pouvoir suivre un grand groupe qui « tournait » autour d’une pierre et d’assister à la curée et même de voir un denti avec une proie dans la gueule. Avec le recycleur, les animaux me sont passés très prés à plusieurs reprises comme si je n’existais pas certains profitant même de moi comme écran vis à vis des proies.
Pour cela le recycleur a quelque chose de magique, le silence généré permet d’entendre le déplacement du banc quand il attaque ainsi que le son de celui qui est attaqué (et ce n’est pas une impression de l’esprit !!)

Le silence permet aussi de pouvoir s’approcher de ces redoutables chasseurs sans qu’ils ne soient effrayés. Bien sûr, ils m’ont vu, bien sûr, je suis sur leur zone de chasse, mais restant immobile à les observer, ils ne me prêtent plus qu’une attention distraite. Je n’ai plus qu’à contempler le spectacle sans que mes bulles viennent perturber leurs sens.

Je vous souhaite de pouvoir observer ainsi les dentis sur les Iles Medes. Ailleurs malheureusement, cela sera impossible, les bancs sont décimés par les pêcheurs et seuls quelques pièces isolées se déplacent.
Juste un détail, le denti est un poisson qui avoisine 1 mètre de long pour les plus gros ici !!
Vous comprenez ainsi l’impression de puissance qui s’en dégage.
La semaine dernière j’ai formé des plongeurs en circuit ouvert aux niveaux 2 et niveaux 3.
Félicitations à eux, pour avoir pu pratiquer dans des conditions qui n’étaient pas des plus faciles !
L’eau était à la température de la saison, mais la visibilité était assez médiocres pour la saison.
Certains ont pu plonger en fin de formation sur l’épave située sur la côte entre Estartit et L’Escala. Pour d’autres, ils en étaient pas loin mais n’ont pas réussi à la trouver. L’orientation est au programme mais des difficultés ont du se produire en raison de la masse métallique que représente cette épave.
Cécile B., et Laurent H. sont donc de nouveaux N2.
Jérôme B. quant à lui a réussi son N3 !
Félicitations à eux trois !
Iles Medes
Les îles Medes sont depuis très longtemps une destination de choix pour moi. Je m’y rends régulièrement en raison de la beauté du site, de sa biodiversité, des multiples activités sportives que l’on peut pratiquer dans la région.
Spécifiquement pour la plongée, les îles sont à 0.5 miles de la côte et proposent un cadre assez bien protégé si bien que l’on arrive à trouver des sites quelque soit les vents rencontrés tant que leur force est raisonnable.
Le vent dominant ici est la tramontane pour toutes les saisons sauf l’été. Pour cette dernière le Garbi (vent du sud) prend le relai.
La tramontane est le vent du nord. Le vent longe la côte et s’engouffre dans le goulet créé par les îles d’un côté et la falaise de l’Estartit de l’autre. Une houle marquée l’accompagne. Généralement, lorsque la tramontane souffle en Espagne, ce vent souffle également sur les côtes françaises avec une vigueur supérieure. Il s’appelle aussi tramontane en France sur la côte catalane et sur le roussillon, et mistral sur la région marseillaise. Il est du à une dépression centrée sur les Baléares. Ce vent s’accompagne d’un ciel généralement bleu, d’un air sec et l’on dit qu’il soufle par multiple de 3 jours. C’est un temps magnifique, mais le vent est puissant avec une force moyenne de 4 à 6.
Parfois c’est plus !
Vive la tramontane
Ce week-end cela remue. Aujourd’hui l’anémomètre s’affole ! Force 7 à 8 avec des pointes à 9 sans problème et là il faut bien le reconnaître la mer est grosse, et la plongée difficile voire impossible en raison de la forte houle.

Les plongeurs qui ne connaissent pas le site peuvent penser, vu du bord que la mer est belle, sauf que une fois sorti du port et avancé de 150 mètres devant la jetée, les creux avoisinnent voire dépassent rapidement les 3 mètres ! La musique change, les visages se figent, et beaucoup commencent à se poser des questions. Les énormes ferry qui font généralement route au large à 15 miles des côtes passent à 2 ou 3 miles, les bateaux de croisière type Costa qui vont ou repartent de Barcelone, font également route au plus près pour limiter la houle du large. D’ailleurs cela ne trompe pas, dans ces conditions, l’horizon n’est pas une ligne « plate », mais une ligne tumultueuse sans cesse en mouvement. Il faut le voir !
Donc, ce week end, pas de plongée.
La falaise permet d’aller se balader dans une végétation typiquement méditerranéenne faite de buissons épineux (mes jambes en savent quelques choses !) Le paysage est magnifique, la côte vierge de toute construction donne sur la mer et est entourée de pins.
Aujourd’hui donc cela sera marche et photos. L’horizon est dégagé, normal avec ce vent. Le cap Creus au loin est si proche aujourd’hui que j’ai l’impression de pouvoir l’atteindre.
Balade sur la falaise
Je vous propose donc une petite visite sur la falaise avec quelques points de vue.

De temps à autres des sentiers descendent vers la mer pour accéder à une petite crique. Dans un terrain très escarpé, cette marche est quasimment impossible en été tellement il fait chaud. Il faut compter une bonne heure pour un marcheur équipé pour rejoindre la première crique.

A certains endroits le vent a couché les arbres depuis longtemps, laissant sur place quelques squelettes de troncs blanchis par le soleil et la pluie. La matière intérieure est une poudre légèrement orangée, seule la partie juste sous l’écorce a subsisté (pour l’instant du moins).
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Un certain Nougaro avait chanté le changement dans un album renouveau où il exprimait son nouveau départ. Cela remonte à quelques années plus tôt. Je n’ai rien inventé, je ne fais que reprendre à mon compte une phrase si fraiche et si pleine d’entrain.
Le nouveau départ pour moi est déjà celui de faire partager une reflexion sur la plongée sous marine en général, technique aussi mais également sur l’approche des loisirs de façon plus globale.
Mon regard est celui d’une personne qui pratique depuis de très nombreuses années le sport en pleine nature en général, la plongée en particulier.
En regard de ma pratique des sports ou plus exactement des activités physique de pleine nature, je proposerai une reflexion contemplative à base de photos sur notre monde d’aujourd’hui.
Un nouveau départ !
En cliquant sur le mot « publier l’article », je me lance dans une nouvelle aventure.





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