Un matin avec les dauphins, l’après midi avec les rorquals

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Au large de l’Estartit, il se présente des profondeurs supérieures à 100 mètres et dans ces zones, nous avons pu observer dans la même journée des cétacés du type rorqual commun. Ce grand mammifère, géant serais plus approprié, est capable de rester une dizaine de minutes sous l’eau, mais ses apnées sont généralement de plus courte durée, soit environ 4 minutes. Le souffle de l’animal est puissant, éjectant l’eau jusqu’à 6 mètres de haut, bruyant (inimaginable). La queue reste sous l’eau pour cet animal, seuls la tête, le dos et l’aileron émergent à la surface.
Avant que l’animal ne sonde, le dos sort plus visiblement hors de l’eau. L’animal ondule en surface et laisse derrière lui des remous spectaculaires pendant de longues secondes.

En quelques 4 heures, nous avons pu rester avec 8 de ces immenses cétacés placides. Nous avons pu compter en même temps 2 rorquals distincts, qui semblaient être une mère avec son petit (de plus 6 mètres le petit !).
Leur comportement était assez différent selon les individus.

Les comportements

La fuite

Nous avons eu le comportement de fuite où l’animal accélère au bout d’un moment pour quitter notre présence, ce que nous avons respecté bien entendu en partant dans une autre direction. Les apnées dans ce cas sont de très courte durée (1 minutes), la nage est rapide, le temps en surface est court (1 à 2 respirations), l’eau est fendue comme par l’étrave d’un bateau. Il ne faut pas insister. Nous avons identifié ce comportement 1 seule fois alors que nous approchions lentement d’eux.

L’indifférence

C’est l’attitude que nous avons le plus rencontré. L’animal respire en surface et nous nous rapprochons lentement de lui. Il respire plusieurs fois, entre 4 et 6 fois, puis bascule pour son apnée, il ressort à un peu plus de 100 mètres du bateau en général après une apnée de 4 minutes. La nage est lente et son dos est visible en surface pendant une dizaine de secondes. Le souffle monte haut dans les airs. Le cétacé se déplace lentement apparemment, mais en réalité il progresse à près de 4.5 noeuds !

La curiosité

C’est ici quelque chose de superbe, un moment plein d’émotions. L’animal garde une distance raisonnable de sécurité entre nous, soit une cinquantaine de mètres, mais curieux, il vient vers le bateau et remonte après chaque apnée à toute proximité du bateau. Il tourne autour de nous. C’est dans ces circonstances que je me suis mis à l’eau, tout excité du spectacle que j’espérais voir.

Le spectacle

Hugues pour cela s’éloigne de l’animal, puis se positionne sur le côté vers l’avant. Je me jette à l’eau en évitant de ne faire trop de bruit et me dirige dans la direction de sa trajectoire. Je prends ma respiration et descends à la fois inquiet et curieuxvers 5 6 mètres. Je ne sais pas ce que je cherche en terme de couleur. L’eau est limpide et seuls des salpes flottent entre deux eaux. Quelle couleur magnifique. De la surface l’animal donne l’impression d’être noir, mais ici je ne vois rien de cette couleur. Soudain, un liseret blanchâtre apparait à la surface et grossit à vue d’oeil. C’est la bouche de la bête qui se dessine. Je change de direction pour me mettre dans son sens de déplacement. Mon apnée est finie, je remonte et à peine ai-je rejoint la surface, que je suis au niveau du 1/3 arrière du rorqual. Je palme énergiquement pour le remonter. Le mouvement de la queue est lent, mais la vitesse est très élevée à mon goût. Je suis obligé de crawlé. Je remonte vers la tête et découvre cette immense bouche qui n’en finit pas avec les plis sous la bouche qui souligne une forme de sourire coquin. La nageoire dorsale est ridiculement petite pour un animal de cette taille. L’arrière du corps est assez massif, tout comme ce peut être le cas pour certains dauphins. Les nageoires sont grandes, mais surtout c’est la forme de la tête qui retient mon attention avec les évents immenses comme des gros saladiers. Cela durera une quinzaine de secondes, puis je remarque que le dos commence à s’arrondir, signe que l’animal va sonder. Effectivement, la tête s’incline vers le fond, l’aileron sort de l’eau, la queue se courbe puis l’animal se détend et commence sa descente. Je vois cette forme immense et gracieuse partir vers le fond. Très vite le bleu de son dos se confond avec la couleur de l’eau et ce que je crois être l’animal n’est qu’un mirage de l’esprit.

C’est fini. Je suis bien essoufflé car le rythme de nage est très élevé. J’attends en surface que l’animal remonte, mais il ressortira de l’autre côté du bateau. Un peu trop loin de moi, je n’aurais pas le temps de le rejoindre.

Nous avons constaté avec Hugues que l’eau qui était vers 22° environ, était beaucoup plus froide dans le sillage de l’animal, mais beaucoup plus froide. J’en grelotte encore !

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Hugues n’aura pas ma chance, il ne pourra pas voir l’animal sous l’eau.

Protégeons ces mammifères magnifiques. Si vous n’êtes pas convaincu, venez pour les voir !!

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Le brouillard se lève

Jeudi soir, Hugues m’appelle et me demande si je suis libre vendredi à 7h.

Quand il me téléphone vers 21h30 pour me demander cela, ce n’est pas pour aller chercher des escargots, mais plutôt, partir en bateau au large chercher les rorquals, cachalots, thons ou dauphins.

Le matin quand le réveil sonne vers 6h30, le brouillard nappe la mer et comme j’habite un peu en « altitude » je sais que la couche de brouillard est assez faiblement épaisse.

Appel à Hugues qui chaud comme la braise me confirme le départ.

Je le rejoint au centre,où nous préparons combinaison de 3mm, camera vidéo, palmes masques et tuba.

Nous sommes rejoint par les 2 « gitanos » Raoul (c’est la première fois que je le vois aussi tôt lui !!) et Dany qui dès 7 h du matin se cache derrière ses lunettes de soleil.

Nous rejoignons le bateau avec le matériel et à peine sommes-nous en train de larguer le corps mort de l’avant, le soleil fait son apparition et le brouillard disparait.

 

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De gauche à droite Dany, Hugues et Raoul

 

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Sortie du port, le brouillard se lève à peine

 

Nous prenons la mer et certazins commencent à regretter le lit qu’ils viennent de  quitter car même si la mer est belle, l’humidité est partout !!

 

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Dany a bien dormi, voyons qui en douterait . . .

 

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 D’ailleurs, que même j’ai déjà déjeuné et que je vais redéjeuné avec mon paquet qui fera la journée

 

Nous dépassons les îles Medes et partons vers le large, le nez au vent bien couvert. La lumière est fantastique et la mer nous enchante. Les conditions sont exceptionnelles.

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Les discussions vont bon train, et Hugues toujours très pro s’occupe de la barre.

Le cap est pris vers les zones intéressantes que nous connaissons. A 18 noeuds, nous naviguerons pendant 2 heures avant de nous approcher de la zone qui nous convient.

 

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Je vous dit que je suis pas fatigué mais non mais . . .

 

Sur le trajet, une barre nuageuse nous barre le chemin. C’est très impressionnant, mais nous continuons. La barre se rapproche et soudain elle est à quelques longueurs de nous, sombre, épaisse, impressionnante.

Nous nous regardons, aurions fait tout cela pour rien ?

Mais nous sommes tous décidés, en avant à fond, comme d’habitude.

 

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 Une barre nuageuse face à nous

 

 Après 20 minutes dans cette purée de pois, nous remarquons que la lumière augmente, puis aussi rapidement que nous sommes rentrés dans ce nuage qui une immense nappe de brouillard, nous en ressortons.

 

Ecume à tribord !!!

 

Après 4 heures de recherche, et des fausses alertes, l’écume sur tribord attire notre attention. Nous pensons qu’il s’agit encore de ces mirages qui hantent notre imagination à force de scruter la mer et les reflets.

En fait la mer bouillonne littéralement et au fur et à mesure que nous nous rapprochons, nous prenons l’ampleur de ce que nous voyons.

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Nous sommes à peine arrivé que Hugues est à l’eau avec sa caméra, je n’ai même pas pris la peine de mettre ma combinaison, trop long, je suis dans l’eau avec mes palmes, mon masque à la main et mon tuba dans l’autre.

Je me dirige vers le bouillon, fait une apnée vide mon masque, glisse mon tuba sous la sangle sans faire surface et je regarde autour de moi.

 

Thons et boule de sardines

 

C’est énorme, les petites sardines partent à droite à gauche en boule, et les thons par centaine attaque cette boule de nourriture.

Des écailles de poisson tombent vers les grandes profondeur. Les thons sautent hors de l’eau, la gueule ouverte, un nuage de bulle d’air les suit.

La visibilité est splendide, puisque nous voyons à environ 40 mètres à l’horizontale et en vertical.

Dany descends vers 20 mètres en apnée, je le rejoins vers 15 mètres pour profiter de ce spectacle incroyable.

Les thons passent à droite, à gauche, au-dessous de moi pour aller d’une zone de chasse à une autre. Le banc de thons est énorme, la gueule toujours entrouverte ils sillonent l’espace à une vitesse vertigineuse. Je pense qu’il s’agit de 500 thons sans problème !!!

Je n’en reviens pas. J’en oublie tout y compris le moindre repère de temps, je nage, cris, hurle de joie et manque de pleurer dans mon masque tellement ce que je vois là est grandiose.

C’est certainement le plus beau spectacle qu’il m’ait été donné de voir sous l’eau, même si je dois reconnaître que je pense avoir été gâté jusqu’à présent.

L’échelle du spectacle joue une place importante dans l’impression générale.

Le banc de sardines est séparé en petites boules indépendantes qui essaie de se rapprocher de nous pour se réfugier, en effet les thons se tiennent à 3 mètres de nous environ.

Les animaux font 1m à 1,2 m de long.

 

Petit à petit le gros de la troupe s’est éloigné de nous, rendant la nage impossible pour les rejoindre.

Nous ressortons de l’eau et échangeons nos impressions.

Nous avons perdu le groupe de vue, donc nous repartons vers une autre zone.

 

Dauphins tursiops

 

Plus tard dans l’après midi, nous nous mettrons à l’eau avec les grands dauphins, j’en verrais une dizaine en même temps (Hugues me dit 14 !) mais avec une visibilité plus faible 15 mètres environ.

Je descends vers 15 mètres en apnée, immobile et lâche quelques sons rauques dans le tuba, ils s’approchent alors à 3 -4 mètres puis repartent aussi vite qu’ils sont venus, puis reviennent curieux. Les cliquetis sont incessants et me signalent qu’ils ne sont pas loin.

Puis une fois qu’ils sont venus voir ils partent très rapidement vers les grandes profondeurs.

Ici le spectacle n’aura duré que 2 à 3 minutes mais c’est magique.

Ce sont les grands dauphins de 3 mètres de long, à la nageoire dorsale très inclinée vers l’arrière du genre tursiops truncatus.

Je ressors de l’eau, un peu frigorifié, j’ai couvé un truc depuis d’aiileurs, mais la tête remplie de souvenirs à jamais gravés.

 

Vous l’avez compris la prochaine fois je prendrais mon recycleur.

 

Je vous souhaite de pouvoir profiter de ce spectacle.

J’espère que les images de Hugues seront bonnes et je publierai alors une vidéo !

 

 Un diaporama 

http://www.mondedusilence.com/Essai/Photos_mer.html

 

mondedusilence.com

Un nouveau départ

Le 16 octobre 2009, dans Général, L'écriture, Le blog, de Patrice

Un certain Nougaro avait chanté le changement dans un album renouveau où il exprimait son nouveau départ. Cela remonte à quelques années plus tôt. Je n’ai rien inventé, je ne fais que reprendre à mon compte une phrase si fraiche et si pleine d’entrain.
Le nouveau départ pour moi est déjà celui de faire partager une reflexion sur la plongée sous marine en général, technique aussi mais également sur l’approche des loisirs de façon plus globale.

Mon regard est celui d’une personne qui pratique depuis de très nombreuses années le sport en pleine nature en général, la plongée en particulier.
En regard de ma pratique des sports ou plus exactement des activités physique de pleine nature, je proposerai une reflexion contemplative à base de photos sur notre monde d’aujourd’hui.
Un nouveau départ !
En cliquant sur le mot « publier l’article », je me lance dans une nouvelle aventure.