Les trimix
Un trimix est un gaz dans lequel une partie de l’azote est remplacé par de l’hélium (voir l’article sur les limites de l’azote ICI). Parmi les mélanges qui comportent de l’hélium, il existe quelques mix particuliers.
Si le mélange de contient que de l’oxygène et de l’hélium, le mélange s’appelera un héliox. Cette famille n’est pas un trimix à proprement parler puisqu’il ne comporte que 2 gaz. Ce type de mélange est plutôt, mais pas exclusivement, utilisé dans les recycleurs. Ces mélanges sont en effet très honéreux pour être utilisés en plongée loisir en grande profondeur.
Les trimix normoxiques
Il s’agit de mélanges pour lesquels l’oxygène est maintenu au-dessus de 18% pour permettre au plongeur de pouvoir utiliser le même gaz depuis la surface jusqu’à la profondeur d’exploration. Ce type de mélange contient de l’hélium dans une proportion maximale de 30% et permet de réaliser des plongées à la profondeur maximale de 60 mètres (partout dans le monde sauf en France où la limite est de 70 mètres). Nous savons par de nombreux auteurs que la limite de 40 mètres avec de l’air est raisonnable et qu’au delà de cette profondeur, il est préférable d’utiliser des trimix. Les normoxiques sont les gaz parfaits pour cette zone d’évolution. Par contre, le plancher de 70 mètres est un peu trop optimiste. La pression partielle de l’oxygène, un peu élevée, la part d’azote encore un peu trop importante.
« L’essoufflement,la toxicité de l’oxygène et les effets de la narcose à l’azote imposent au plongeur de ne pas dépasser les 50/60 mètres de profondeur » dit Bernard Gardette, directeur scientifique de la COMEX, dans un article paru dans la revue médicale Edimark.
Il n’est pas le seul, puisque d’autres ouvrages iront dans le même sens : Fructus X, Sciarli R. Plongée, santé, sécurité. Rennes : Ouest-France-EMOM, 1992 ;
Broussolle B. Physiologie et médecine de la plongée. Paris : Ellipses, 1992
Bennett PB, Elliott DH. The physiology and medicine of diving. Londres :WB Sanders Co, 4eéd., 1993
Wattel F, Mathieu D. Traité de médecine hyperbare. Paris : Ellipses, 2002
Alors pourquoi ce choix de 70 mètres ?
La réponse est simple. Il était nécessaire de proposer quelques mètres de plus à la zone d’évolution à l’air que connait le plongeur français.
Les trimix hypoxiques
Nous avons dit plus haut que l’un des freins des trimix normoxiques était la teneur en oxygène qui induisait vers 70 mètres une pression partielle un peu trop élevée ( 8 bars à 70 mètres de pression absolue, soit avec 18 % d’oxygène, une PPO2 de 1,64 bars, ce qui est contraire à l’arrêté mélange de 2004). Les trimix hypoxiques comportent par conséquent moins de 18 % d’oxygène et moins de 40% d’azote. La part plus importante d’hélium rend ces gaz plus légers encore, la toxicité narcotique de l’azote est reculé. Le confort du plongeur est amélioré mais la gestion de l’équipement est lourde et difficile à mettre en oeuvre pour un plongeur occasionnel.
Hélitrox
Ce borborygme désigne non pas une famille de trimix, mais bien plutôt une façon d’utiliser les trimix normoxiques. L’hélitrox est de la famille des trimix normoxique et est destiné, comme nous l’avons vu plus haut, à la zone de profondeur de 40 à 60 mètres. Certains plongeurs ont abordé cette approche du trimix normoxique en voulant bénéficier des atouts d’un gaz riche en hélium (sans trop) pour être moins narcosé, plus lucide et sans prendre de risque de s’essouffler. Par contre, ces plongeurs ne voulaient pas se charger de manière trop importante.
La solution est de prendre le bloc habituel avec un trimix 20/25 par exemple, puis un bloc pour la décompression rempli d’un nitrox 75. Plus légère à mettre en oeuvre qu’une configuration avec un bi-bouteille et un bloc de décompression, cette configuration est de plus en plus appréciée des plongeurs loisirs mer qui veulent ressentir tous les avantages du trimix sans se pénaliser par une configuration qu’ils ne connaissent pas, ou qu’ils du mal à trouver à la location.
C’est la solution pour le plongeur profond occasionel ou régulier qui souhaite augmenter sa sécurité dans la zone des 45 – 60 mètres.
Bien entendu, des plongeurs « musclés » critiqueront ces choix techniques et resteront campés sur leurs habitudes d’un autre âge sous le prétexte que des générations de plongeurs ont respiré de l’air jusque profond.
Un jour ils comprendront… Le contexte français de la plongée met du temps à évoluer, mais force est de constater que de plus en plus ces dernières années nous ressentons tous un grand frémissement autour de ces nouvelles techniques passionnantes sous le nom de trimix normoxique léger, tek light et maintenant hélitrox.
C’est l’avenir, et pour paraphraser un journaliste formidable : « Le futur ne manque pas d’avenir !! »
Bonnes plongées à vous !



Site RSS Feed