Essoufflement et hypercapnie, différences ?
 Oui il existe une différence, et elle est fondamentale.
En circuit ouvertÂ
L’hypercapnie provient d’un problème de gonflage de la bouteille.  C’est une cause donc que l’on qualifie d’exogène. Un volume mort très important (cas du masque facial par exemple) est aussi une explication de l’augmentation du pourcentage de CO2. Ces situations sont exceptionnelles.
L’essoufflement est un défaut de ventilation des poumons du plongeur lors d’un effort modéré ou pas, ou d’un stress. Les poumons sont trop faiblement ET insuffisamment ventilés. C’est une cause endogène.
CCR, SCR quel que soit le type de recycleur
En circuit fermé, le plongeur peut être soumis à un essoufflement, lors d’un effort physique, ou d’un effort ventilatoire, d’un stress,…
L’hypercapnie, quant à elle, peut survenir dès lors que du gaz expiratoire chargé de CO2 qui aurait du être filtré, épuré par le circuit, se retrouve à être à nouveau inspiré ! Les causes sont multiples : clapets anti-retour non fonctionnels, cartouche de chaux mal conditionnée, chaux reconditionnée, polluée, non fonctionnelles parce que mal stockée, utilisation de la cartouche non consignée, cartouches de chaux absentes (oui cela existe…)
L’expérience de la grenouille
Le plongeur soumis en recycleur à l’hypercapnie est dans la situation de la grenouille et à l’eau chaude.
Une expérience très connue est réalisée en 2 étapes :
Dans une casserole d’eau bouillante on jette une grenouille vivante. Celle-ci s’échappe tout de suite du récipient.
Si maintenant, je prends une casserole d’eau à température ambiante dans laquelle je mets la grenouille, puis je mets la casserole sur le feu, celle-ci mourra ébouillantée !
Cette expérience cruelle met en évidence la difficulté pour les êtres vivants que nous sommes de distinguer l’imprégnation progressive. Le CO2 pour le plongeur est comme l’eau bouillante pour la grenouille. Progressivement, insidieusement, nous nous intoxiquons avec le CO2. C’est le danger de l’hypercapnie. Je vous renvoie vers le livre de JM Belin, E Bahuet, L Ballesta « La plongée sans bulle » où Jean-Marc décrit une hypercapnie testé à sec dans son salon dont il garde un douloureux souvenir !
Ceci dit, à nous de connaître les précautions à prendre dans le stockage de notre chaux, dans le conditionnement de nos canisters, dans le compte de nos heures de plongée… etc.
La rigueur de la préparation permet d’éviter beaucoup de pièges. Je n’ai pas tout écrit !
Bonnes plongées.



Site RSS Feed